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Reconnaissance des carrières aux environs de Dormans

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mercredi 17 octobre 2012, par JFW

Pour patienter en attendant l’article sur les tunnels de Champagne vers la Butte du Mesnil, voici un petit compte rendu sur la reconnaissance de carrières dans la Marne, vers Dormans en 1918. Il n’est pas mentionné si ces carrières sont souterraines ou pas. Une reconnaissance (moderne cette fois) va bientôt avoir lieu pour lever le doute.

Comme ce compte-rendu ne peut se lier à aucun article plus conséquent, nous le présentons ici brut de décoffrage, afin qu’il ne retombe pas dans l’obscurité poussiéreuse des archives.

3e CA 73e DI Commandement du génie

Rapport du chef de bataillon Maugenest commandant le génie de la 73e DI au sujet de la reconnaissance des carrières prescrites par la lettre du 28 juillet 1918 du colonel commandant le génie du 3e CA

Les résultats de la reconnaissance à laquelle le commandant du génie divisionnaire a procédé le 30 juillet 1918 sont les suivantes :

Les carrières au nord ouest de Reuilly marquées sur la carte au 80.000e sont sans doute d’anciennes carrières, envahies par la végétation, elles ne comportent aucune trace d’exploitation, l’emplacement en est d’un accès difficile. Il résulte toutefois de l’examen des trous de projectiles que l’ouverture des carrières est possible dans toutes les collines au sud de la Marne.

Il en est du même des carrières marquées sur la carte au 80.000e au sud de Sauvigny, ce sont d’anciennes carrières envahies par le taillis et d’un accès difficile. De même les carrières situées au sud de Vassieux correspondent à d’anciennes exploitations dont l’emplacement est occupé par des vignes.

Par contre, les carrières situées à l’est du château de Dormans sur la route Champaillet-Dormans sont en pleine exploitation, une équipe du 24e RIT est en chantier ; il n’a pu être établi pour le compte de quel service cette exploitation était poursuivie. La pierre est de qualité variée de bons éléments et de matériaux sans consistance.

Une importante carrière marquée en A sur le plan ci-joint comporte 25 mètres cube de pierre extraite en carrière, 30 mètres cube sur le bord de la route. L’outillage comprend un chemin de fer funiculaire avec voie de 0,60, câble métallique de traction, treuil à engrenage pour régularisation de la traction et 86 bennes.

La voie ferrée a été coupée en 15 points par le bombardement, mais il existe un stock d’éléments de 2 mètres qui en permettra la réparation. Le câble métallique est coupé en 5 points. Sa réparation sera délicate en raison des épissures à créer.

Les stocks extraits sont très ordinaires, mais suffisants pour un empierrement de routes en temps de guerre.

Le commandant du génie divisionnaire, vu l’importance de l’outillage de la carrière en question, a prescrit au lieutenant commandant la compagnie 26/53 à Soilly de consacrer une section à la remise en état de la voie et du câble.

Au point B, à proximité de Monthurel existe une carrière dont les produits sont de qualité diverses. Le stock est évalué à vue à 60 mètres cube. D’une manière générale, les matières premières existent dans le secteur, ce qui s’impose actuellement, c’est la création de deux grands ateliers de cassage dans les carrières A et B et l’organisation du transport des produits.

L’outillage imparti au commandant du génie divisionnaire (20 masses et 130 massettes) est absolument insuffisant, aussi ce dernier confirme-t-il sa demande du 30 juillet 1918, savoir 50 masses et 100 massettes, et sa demande antérieure de huit harnais de tombereaux attendu que les véhicules qui lui ont été délivrés lui ont été remis sans chevaux, sans harnais et sans conducteurs.

En campagne le 31 juillet 1918